Article adapté de « … le courage de résister », Principes Actifs n°10, décembre 2020, et de « Désamorcer la peur du vide », n°9, juillet 2020, point de vue de Cécile Viniane.
La résilience est la capacité à rebondir après un choc. La résistance est la volonté de tenir bon et de se donner les moyens de lutter. En entreprise, on parle beaucoup de la première. Pour Elixir Conseil, ce qui aide une équipe à traverser une crise se trouve entre les deux. C’est un projet partagé, un récit collectif qui donne envie de tenir.
Résilience : un mot venu de la psychologie
Le mot résilience doit beaucoup au psychiatre Boris Cyrulnik, qui l’a rendu populaire en France. Il désigne la capacité à se relever après un drame ou une catastrophe. Pendant la crise sanitaire, il est devenu omniprésent dans les discours des dirigeants politiques et économiques.
En décembre 2020, le magazine Challenges a pris le contre-pied. Son Sommet de l’économie avait pour thème « Les résistants ». Dans son éditorial, le philosophe André Comte-Sponville expliquait ce qui le gênait dans la résilience. C’est une notion médicale. Elle laisse entendre que tout dépend du tempérament de chacun.
Il lui préférait la résistance, qui relève davantage de la volonté de combattre et des moyens qu’on se donne pour cela. Il rappelait que, le 18 juin 1940, le général de Gaulle avait appelé les Français à résister. Pour les entreprises, sa conclusion est nette : « La résilience ne tient pas lieu de stratégie, ni de management, ni d’innovation. »
Ce que nous retenons de ce débat
L’analyse nous paraît juste. Comte-Sponville le dit des chefs d’État : ils ne sont pas des thérapeutes. C’est aussi vrai des dirigeants d’entreprise. Compter sur la seule résilience des salariés revient à leur faire porter la crise. Cela suppose qu’ils trouveront en eux-mêmes la force de rebondir.
La résistance remet la direction face à ses responsabilités. Elle demande de l’intelligence et du courage à ceux qui dirigent.
Ce discours relève toutefois plus du vœu que de la méthode. Il ne dit pas comment faire. Selon nous, la réponse se trouve entre résilience et résistance. Elle tient dans l’art de porter un projet, une histoire partagée. Un récit collectif fort justifie à lui seul le courage de retrousser ses manches et de tenir.
Après le choc : la peur du vide
La crise laisse aussi des traces au moment du retour. En juillet 2020, à la sortie du premier confinement, Principes Actifs décrivait des salariés revenus au bureau « un peu groggy ». Leurs managers ne savaient souvent pas par quel bout prendre les choses.
Pour Cécile Viniane, dirigeante d’Elixir, derrière la peur de revenir au travail se cachait la peur du vide. Beaucoup avaient vécu l’arrêt soudain de leur activité. Au moment de reprendre, chacun se demandait pourquoi il faisait tout cela. Faire comme si rien ne s’était passé était la pire des réponses.
Sa solution est simple à formuler : remplacer le vide par du plein. Ce plein, ce sont de nouvelles raisons d’agir. Une raison d’être claire suscite l’engagement des clients, des fournisseurs et des salariés. « L’engagement est la clé de la résilience », concluait-elle.
Elle rapprochait cette démarche de la « destruction créatrice » décrite par l’économiste Joseph Schumpeter. Une organisation qui sort d’une crise doit se défaire de ses vieilles habitudes et de ses croyances dépassées. Elle peut alors réinventer de vraies raisons d’agir. Ce processus prend du temps.
Ce que le manager peut faire
Ces textes datent de la crise sanitaire. Leurs leçons valent pour toute crise, qu’il s’agisse d’une réorganisation, d’une perte de marché ou d’un choc extérieur.
Le manager ne peut pas exiger de ses équipes qu’elles soient résilientes. Il peut en revanche leur donner des raisons de tenir. Il reconnaît ce qui s’est passé au lieu de le nier. Il rappelle le projet commun et le sens du travail demandé. Il veille aussi aux signes de fatigue, et oriente vers la médecine du travail ceux qui en ont besoin.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre résilience et résistance ?
La résilience est la capacité à rebondir après un choc, souvent présentée comme une affaire de tempérament. La résistance est la volonté de tenir face à la difficulté, avec des moyens choisis.
Qu’est-ce que la résilience organisationnelle ?
C’est la capacité d’une organisation à traverser une crise et à se transformer pour en sortir. Selon nous, elle repose sur l’engagement des salariés et des partenaires, porté par une raison d’être claire.
Comment remobiliser une équipe après une crise ?
En reconnaissant ce que l’équipe a vécu, puis en lui proposant un projet qui donne envie d’avancer. Un récit partagé aide chacun à comprendre pourquoi il fait ce qu’il fait.
Comment Elixir peut vous aider
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Pour aller plus loin : perte de sens au travail et raison d’être et preuves d’engagement.
Sources : Principes Actifs n°9 (juillet 2020) et n°10 (décembre 2020) ; André Comte-Sponville, éditorial de Challenges pour le Sommet de l’économie du 3 décembre 2020, cité dans Principes Actifs n°10.
Nous avons repris les grands thèmes de nos newsletters Principes Actifs pour montrer que ces questions restent d’actualité.