Article adapté de « Comment passer au micro learning ? » et « Passer au video learning », Principes Actifs n°3, avril 2019. Points de vue de Thierry Tupin et de Suzanne Bruneau.
Le micro-learning est une façon d’apprendre par séquences très courtes, de quelques minutes, souvent sur smartphone. La vidéo de formation, elle, transmet un contenu en images que l’on peut revoir à volonté. Ces deux formats sont très utiles en complément d’une formation en présentiel. Seuls, ils risquent de se réduire à une suite de tutoriels.
Ce que le micro-learning apporte
Le micro-learning sort la formation des salles et des longues journées où il faut rester attentif sans relâche. Chacun s’exerce quelques minutes, quand il le souhaite, sur son téléphone. Les applications prennent souvent un ton ludique, avec des jeux, des questionnaires et des exercices.
Ce format a plusieurs atouts. Il s’adapte à l’emploi du temps de chacun. Il permet de suivre les progrès sans mettre les salariés en compétition les uns contre les autres. Il peut même entretenir l’esprit d’équipe, avec des défis entre magasins, points de vente ou bureaux.
Le piège du tutoriel
Une publicité de l’enseigne Saint-Maclou, que nous citions en 2019, s’amusait de personnes persuadées de réussir des exploits parce qu’elles avaient « vu un tuto ». Sa conclusion était claire : un tutoriel gratuit ne fera jamais de vous un professionnel. Le mythe du tutoriel s’est installé dans notre quotidien, en même temps que sa critique.
Pour Thierry Tupin, la différence entre une formation et une suite de tutoriels ressemble à celle qui sépare le professionnel du bricoleur. Le professionnel voit le sujet dans son ensemble. Le bricoleur se concentre sur le « comment faire » et ne se demande jamais pourquoi il faut faire ainsi.
Un proverbe chinois dit : « Si j’écoute, j’oublie, si je vois, je me souviens, si je fais, je comprends. » Il parle de l’art d’enseigner. Rédiger un mode d’emploi est un autre métier.
Le micro-learning comme un Jiminy Cricket
Thierry Tupin propose une autre image. Le bon micro-learning ressemble à Jiminy Cricket, la petite conscience de Pinocchio. Il aide à s’imprégner encore et encore de ce que l’on vient d’apprendre. Il en rappelle le sens au moment où l’on en a besoin.
Ses contenus prennent alors la forme de petits leitmotivs, des idées qui reviennent. Ce sont des morales d’histoires encore à vivre, bien loin d’une notice de montage à suivre pas à pas. Le micro-learning devient ainsi un complément parfait du présentiel. Il prolonge la formation dans le quotidien. C’est un bon outil pour l’après, comme nous l’expliquons dans Qu’est-ce qui rend une formation efficace ?.
La vidéo : tout dépend du moment
La vidéo a de vrais usages en formation. Un nouveau salarié peut se former à son rythme et revoir un passage en cas de doute. Une intervention réussie peut être filmée et proposée à d’autres groupes. Une équipe peut aussi réaliser ensemble une vidéo, ce qui devient en soi un exercice de cohésion.
Suzanne Bruneau mettait pourtant en garde contre l’illusion de l’outil. La vidéo ne règle pas à elle seule les problèmes de transmission. On dit souvent « une image vaut mille mots ». Selon elle, l’image ne prend cette valeur qu’au moment où elle s’installe dans l’imaginaire de celui qui la regarde.
Elle s’appuyait sur le philosophe Henry Corbin et sa notion de « monde imaginal », un monde intermédiaire qui donne accès au sens des choses. Ces images peuvent naître d’une vidéo, mais aussi d’une phrase bien écrite ou d’une voix qui sait raconter.
Sa conclusion reste utile. Qu’il s’agisse d’une vidéo explicative, d’un quiz, d’une étude de cas ou d’un tutoriel, sa valeur dépend du moment où elle s’insère dans la formation. Elle dépend aussi du sens qu’elle apporte à ce moment-là.
Questions fréquentes
Le micro-learning peut-il remplacer une formation en présentiel ?
Selon nous, il la complète. Il entretient et rappelle ce qui a été appris, au bon moment. Pour changer des comportements, la mise en situation avec d’autres personnes reste nécessaire.
Combien de temps doit durer une séquence de micro-learning ?
Quelques minutes, le temps d’une idée ou d’un exercice. L’essentiel est que chaque séquence ait un but clair et se rattache à ce qui a été vu en formation.
Quand utiliser la vidéo dans un parcours de formation ?
Avant la session, pour préparer les participants. Après, pour revoir un point précis ou rappeler une idée forte. Pendant, de préférence courte, pour lancer une discussion ou un jeu de rôle.
Comment Elixir peut vous aider
Elixir conçoit des formations sur mesure qui combinent présentiel, mise en situation et suivi après la session. Nous choisissons les formats numériques en fonction de ce qu’ils apportent à chaque étape.
Sources : Principes Actifs n°3 (avril 2019) ; publicité Saint-Maclou « J’ai vu un tuto », citée dans le n°3 ; Henry Corbin, notion de « monde imaginal », citée dans le n°3.
Nous avons repris les grands thèmes de nos newsletters Principes Actifs pour montrer que ces questions restent d’actualité.