Article adapté de « Ce que nous apprennent les gestes du charpentier », Principes Actifs n°5, septembre 2019.

Quand un cadre se reconvertit dans un métier manuel, il cherche souvent un travail dont il voit le résultat et dont il peut être fier. Le contact avec la matière et l’utilité concrète de son travail redonnent du sens à son activité. Avant de se lancer, un bilan de compétences aide à vérifier ce qui motive vraiment ce projet.

L’histoire d’un philosophe devenu charpentier

En 2019, Arthur Lochmann a publié La vie solide. La charpente comme éthique du faire (Payot). Pendant ses études de philosophie et de droit, il a passé un CAP de charpentier, le certificat d’aptitude professionnelle du métier. À la fin de ses études, il a choisi le métier manuel.

Son parcours rappelle celui de nombreux cadres qui, après une carrière dans une grande entreprise, se tournent vers l’artisanat. Il le dit ainsi : « En développant un rapport productif à la matière, en adoptant l’éthique artisanale du bien faire, j’ai trouvé les clés pour m’orienter dans notre époque frénétique. »

Cette phrase nous a fait réfléchir. Autour de nous, le travail passe de plus en plus par des écrans et des procédures. Les objets sont conçus sur logiciel, et le contact avec la matière se perd. Lochmann décrit au contraire des gestes quotidiens où chaque détail compte. Nous y voyons une forme de « qualité totale » appliquée à son propre travail.

Ce que le métier de charpentier dit du sens au travail

Le métier de charpentier est particulier. Le même savoir-faire sert aux toits et aux bateaux, dont la coque ressemble à une charpente retournée. C’était aussi un métier majeur à l’époque des cathédrales. L’incendie de Notre-Dame de Paris, en avril 2019, a rappelé l’importance de ce savoir-faire.

Le compagnonnage des charpentiers mélange en permanence les savoirs. Il les met au service d’un bien commun : assembler des pièces de bois qui, une fois couvertes, protègent les gens du soleil, de la pluie et du vent.

Cette image dit, avec d’autres mots, ce que nous observons dans les entreprises. L’intelligence collective et la conscience de l’utilité de ce que l’on fait donnent de la satisfaction et du sens au travail. Quand ces deux éléments manquent, la tentation de partir grandit.

Ce que cherchent souvent ceux qui changent de vie

Selon notre expérience, la reconversion vers un métier manuel répond souvent à trois attentes. La première est de voir le résultat de son travail, au lieu de produire des documents dont on ignore l’usage. La deuxième est de maîtriser un geste du début à la fin. La troisième est de se sentir utile aux autres.

Ces attentes rejoignent un mouvement plus large. Des chercheurs et des praticiens du travail plaident pour remettre le travail bien fait au centre des organisations. Nous en parlons dans notre article qualité de vie au travail ou travail de qualité.

Elles invitent aussi à une question honnête. Le projet de reconversion répond-il à un vrai désir de métier, ou à une fuite face à un travail qui a perdu son sens ? Dans le second cas, d’autres solutions existent parfois, y compris dans l’entreprise actuelle.

Le bilan de compétences pour y voir clair

Le bilan de compétences sert justement à faire ce point. Chez Elixir, il dure 24 heures, comme le prévoit le cadre réglementaire, et se déroule en plusieurs phases. On définit d’abord les besoins. On identifie ensuite les compétences, les motivations et les intérêts de la personne. On conclut enfin par un projet réaliste et un plan d’action, suivi d’un point quelques mois plus tard.

Pour un cadre attiré par l’artisanat, le bilan aide à distinguer ce qui l’attire dans le métier et ce qui le pousse hors de son poste actuel. Il permet aussi de vérifier que le projet est faisable, en matière de formation comme de financement.

Questions fréquentes

Pourquoi tant de cadres se tournent-ils vers l’artisanat ?

Beaucoup cherchent un travail concret, dont ils voient le résultat et l’utilité. Le travail de bureau, très découpé et abstrait, leur donne parfois l’impression de ne plus savoir à quoi ils servent.

Faut-il faire un bilan de compétences avant une reconversion ?

C’est fortement conseillé. Le bilan aide à vérifier que le projet correspond à ses motivations profondes et à ses aptitudes. Il débouche sur un plan d’action concret.

Peut-on retrouver du sens sans quitter son métier ?

Parfois, oui. Un changement de poste, de missions ou de façon de travailler suffit dans certains cas. Le bilan de compétences aide justement à explorer ces pistes avant de tout quitter.

Comment Elixir peut vous aider

Elixir propose des bilans de compétences de 24 heures, avec un accompagnement attentif à chaque étape. Découvrez notre offre de bilan de compétences.

Pour aller plus loin : perte de sens au travail et bore-out, brown-out, burn-out.

Sources : Principes Actifs n°5 (septembre 2019) ; Arthur Lochmann, « La vie solide. La charpente comme éthique du faire », Payot (2019) ; page bilan de compétences d’Elixir Conseil (articles L.6313-4 et R.6313-4 du Code du travail).


Nous avons repris les grands thèmes de nos newsletters Principes Actifs pour montrer que ces questions restent d’actualité.

Partager cet article sur LinkedIn